Impact de l’inflation sur les marchés financiers

L’inflation est un facteur majeur pour les marchés.
Son évolution est suivie de trés prés par les operateurs pour construire leurs stratégies d’investissement

L’inflation signifie simplement une hausse des prix, tandis que la déflation signifie une baisse des prix. À tout moment, certains prix augmentent et d’autres diminuent. Ainsi, les investisseurs regardent les indices de prix pour discerner la tendance générale. Les indices des prix à la consommation, calculés à partir d’un panier de biens et services basé sur les habitudes de dépenses des consommateurs, sont couramment observés. Un autre ensemble d’indices de prix qui sont surveillés de près sont les déflateurs du PIB et des dépenses de consommation, qui sont des indices d’inflation utilisés pour ajuster ou dégonfler les séries nominales pour l’inflation. L’inflation est liée au cycle économique et a tendance à augmenter à la fin du cycle et à diminuer pendant les récessions et les premières phases de la reprise. Toutefois, l’investisseur doit également tenir compte de toute tendance à long terme de l’inflation dans la formulation des attentes des marchés financiers.

La déflation constitue une menace pour l’économie pour deux raisons principales. Premièrement, elle a tendance à miner les investissements financés par la dette. Si le prix d’un actif financé par la dette (p. ex., un nouvel équipement ou une maison) perd de la valeur, la valeur de la  » valeur nette  » de l’actif (c’est-à-dire la différence entre la valeur de l’actif et le solde du prêt) diminue à un taux d’endettement. Par exemple, si la valeur d’une propriété financée par un prêt hypothécaire de 67 % de la valeur du bien diminue ensuite de 5 %, la valeur de ses capitaux propres diminue de 15 %. Ce phénomène conduit parfois à des ventes de panique pour sauver une partie de ces capitaux propres et peut conduire à une déflation des actifs du type de celle observée aux États-Unis dans les années 1930, au Royaume-Uni au début des années 1990 et dans de nombreux pays asiatiques à la fin des années 1990 au lendemain de la crise asiatique.

Deuxièmement, la déflation sape le pouvoir des banques centrales. Dans un contexte déflationniste, les taux d’intérêt tombent à des niveaux proches de zéro. Lorsque les taux d’intérêt sont déjà très bas, la banque centrale a moins de marge de manœuvre pour stimuler l’économie en abaissant les taux d’intérêt. Un environnement de taux d’intérêt très bas pendant et après la crise financière mondiale de 2007-2009, accompagné d’un chômage élevé, a conduit les banques centrales, y compris celles des États-Unis, du Royaume-Uni et de la zone euro, à s’engager dans une mesure de politique relativement peu éprouvée, l’assouplissement quantitatif ( QE). La persistance d’une faible inflation et d’une économie atone a également conduit de nombreuses banques centrales à explorer le territoire inconnu des taux négatifs.

QE : Des achats à grande échelle de titres à revenu fixe de grande qualité pour injecter des liquidités dans le système financier. Contrairement aux opérations classiques d’open market, l’assouplissement quantitatif vise à accroître de façon continue et quasi permanente le niveau des réserves bancaires. Outre les obligations d’État, les banques centrales ont acheté des titres adossés à des créances hypothécaires et des obligations de sociétés de grande qualité dans le cadre de leurs opérations d’assouplissement quantitatif.

L’inflation a tendance à s’accélérer dans les derniers stades du cycle économique, lorsque l’écart de production a été comblé. L’inflation décélère lorsque, pendant une récession ou dans les premières années qui suivent, il y a un important écart de production qui exerce des pressions à la baisse sur les prix. Par conséquent, le taux d’inflation décélère à un faible niveau et la déflation (une augmentation du pouvoir d’achat d’une unité de monnaie) devient possible. Sauf dans les pires circonstances, comme aux États-Unis au début des années 1930, le taux de déflation annuel sera probablement limité à environ 2 pour cent, les salaires restant stables. Pendant une récession, avec la baisse de l’inflation et des taux d’intérêt, les obligations affichent généralement des gains en capital (pour certaines obligations, la détérioration du crédit peut compenser ces gains). En cas de forte hausse, les rendements obligataires augmenteront car les investisseurs craignent que les banques centrales ne maintiennent pas l’inflation au niveau prévu, ce qui entraînerait des pertes en capital pour les détenteurs d’obligations. L’impact du cycle d’inflation sur les actions est plus complexe. En théorie, tant que l’inflation reste proche de son niveau prévu ou d’équilibre, le taux d’inflation n’est pas très important. Une inflation plus élevée devrait se traduire par des bénéfices plus élevés, de sorte que les actions augmenteront pour compenser. Toutefois, les signes que l’inflation sort de l’équilibre indiquent une menace potentielle, car une hausse de l’inflation pourrait signifier que les banques centrales doivent agir pour ralentir l’économie. Une baisse de l’inflation, ou une déflation possible, est un problème parce qu’elle menace de provoquer une récession et une baisse des prix des actifs.

 CashObligationsActionsImmobilier/actifs réels
Inflation égale ou quelque peu inférieure aux attentesLes rendements à court terme sont stables ou en baisse. [Neutre]Maintien des niveaux de rendement ; marché à l’équilibre. [Neutre]Haussier alors que le marché est en état d’équilibre. [Positif]Le flux de trésorerie est stable ou en légère hausse. Les rendements correspondent à la moyenne à long terme. Marché en équilibre général. [Neutre]
Inflation supérieure aux attentesBiais vers des taux en hausse. [Positif]Biais vers des rendements plus élevés en raison d’une prime d’inflation plus élevée. [Négatif]L’inflation élevée est négative pour les actifs financiers. Moins négatif pour les entreprises/industries capables de répercuter les coûts majorés. [Négatif]Augmentation de la valeur des actifs ; augmentation des flux de trésorerie et des rendements attendus. [Positif]
DéflationBiais vers 0 % et même en dessous de 0 % de taux à court terme. [Négatif]Augmentation du pouvoir d’achat. Biais vers des taux stables ou plus bas (peut être compensé par un risque accru de défaillances potentielles en raison de la chute des prix des actifs). PositifL’effet de richesse négatif ralentit la demande. Il affecte particulièrement les entreprises à forte intensité capitalistique, celles qui produisent des matières premières (par opposition à celles qui les utilisent) et celles qui ont un fort effet de levier. [Négatif]Les flux de trésorerie sont stables ou en baisse. Les prix des actifs subissent une pression à la baisse. [Négatif]

Comprendre l’inflation

Un fiche descriptive rapide concernant l’inflation.

Qu’est-ce que l’inflation

Selon l’Insee, « L’inflation est la perte du pouvoir d’achat de la monnaie qui se traduit par une augmentation générale et durable des prix ».

Elle doit être distinguée de l’augmentation du coût de la vie. La perte de valeur des unités de monnaie est un phénomène qui frappe l’économie nationale dans son ensemble, sans discrimination entre les catégories d’agents.

Pour évaluer le taux d’inflation on utilise l’indice des prix à la consommation (IPC). Cette mesure n’est pas complète, le phénomène inflationniste couvrant un champ plus large que celui de la consommation des ménages. »

Si le niveau des prix augmente d’un seul coup mais ne continue pas à augmenter, l’économie ne connaît pas d’inflation. Une augmentation du prix d’un seul bien ou des prix relatifs de certains biens n’est pas de l’inflation. Si l’inflation est présente, les prix de presque tous les biens et services augmentent.

L’inflation érode le pouvoir d’achat d’une monnaie. Elle favorise les emprunteurs au détriment des prêteurs parce que lorsque l’emprunteur rembourse le principal au prêteur, il vaut moins en termes de biens et de services (en termes réels) qu’il ne valait lorsqu’il a été emprunté. L’inflation qui s’accélère de façon incontrôlable est appelée hyperinflation, qui peut détruire le système monétaire d’un pays et provoquer des bouleversements sociaux et politiques.

Le taux d’inflation est le pourcentage d’augmentation du niveau des prix, généralement par rapport à l’année précédente. Les analystes peuvent utiliser le taux d’inflation comme un indicateur du cycle économique et pour anticiper les changements de politique monétaire de la banque centrale. L’un des objectifs des banques centrales est de maintenir l’inflation à l’intérieur d’une certaine fourchette cible. La désinflation désigne un taux d’inflation qui diminue au fil du temps mais qui demeure supérieur à zéro.

Un niveau des prix qui diminue de façon persistante (c’est-à-dire un taux d’inflation négatif) est appelé déflation. La déflation est généralement associée à des récessions profondes. Lorsque la plupart des prix diminuent, les consommateurs retardent leurs achats parce qu’ils croient qu’ils pourront acheter les mêmes biens à meilleur marché dans l’avenir. Pour les entreprises, la déflation se traduit par une diminution des revenus et une augmentation des coûts fixes réels.

Pour mesurer l’inflation, on utilise L’indice des prix à la consommation (IPC) :

« L’indice des prix à la consommation (IPC) est l’instrument de mesure de l’inflation. Il permet d’estimer, entre deux périodes données, la variation moyenne des prix des produits consommés par les ménages.

Il est basé sur l’observation d’un panier fixe de biens et services, actualisé chaque année. Chaque produit est pondéré, dans l’indice global, proportionnellement à son poids dans la dépense de consommation des ménages.

Il est publié chaque mois au Journal Officiel. L’indice des prix hors tabac sert à indexer de nombreux contrats privés, des pensions alimentaires, des rentes viagères et aussi à indexer le SMIC. »

Quels sont les types d’inflation :

Les deux types d’inflation sont la pression sur les coûts (Cost-Push) et les pressions de la demande (Demand-Pull). L’inflation par les coûts résulte d’une diminution de l’offre globale, tandis que l’inflation par la demande résulte d’une augmentation de la demande globale.

Inflation Cost-Push

L’inflation peut résulter d’une diminution initiale de l’offre globale causée par une hausse du prix réel d’un important facteur de production, comme les salaires ou l’énergie.

Comme le travail est le coût de production le plus important, la pression salariale peut être une source d’inflation par poussée des coûts (parfois appelée inflation par poussée des salaires lorsqu’elle se produit). La pression à la hausse sur les salaires est plus susceptible de se produire lorsque le chômage cyclique est faible, mais elle peut se produire même en présence d’un chômage cyclique. Comme chaque individu fournit un type et une qualité de travail différents, certains segments de l’économie peuvent avoir du mal à trouver suffisamment de travailleurs qualifiés, même pendant une contraction. Par conséquent, le taux de chômage non accélérateur (NAIRU), aussi appelé taux de chômage naturel (NARU), peut être plus élevé que le taux associé à l’absence de chômage cyclique. Le taux de chômage naturel peut varier dans le temps et est probablement différent d’un pays à l’autre.

L’inflation Demand-Pull

L’inflation tirée par la demande peut résulter d’une augmentation de la masse monétaire, d’un accroissement des dépenses publiques ou de tout autre changement qui accroît la demande globale.