Avec la création de la Dutch East India Company, la compagnie néerlandaise des indes orientales en 1602 – une société anonyme à responsabilité limitée créée par le gouvernement néerlandais – les sociétés côtées étaient là pour rester et jouer un rôle important dans l’économie mondiale. Les actions de la Compagnie néerlandaise des Indes orientales ont commencé à être négociées à la Bourse d’Amsterdam, qui est généralement considérée comme l’une des principales places boursières du pays et la première bourse au monde – bien que, comme nous l’avons vu, quelque chose comme une bourse existait dans le Forum romain. La Dutch East India Company a offert des actions à tous ceux qui en avaient les moyens, et ont négocié activement sur ce marché secondaire.

Vers la fin de 17ème siecle, la Glorieuse Révolution anglaise de 1688 a fait passer le concept de société à responsabilité limitée des Pays-Bas en Angleterre, où il a prospéré. Dans la Glorieuse Révolution, le Néerlandais Guillaume III, Prince d’Orange, de concert avec les députés anglais, envahit l’Angleterre, déposa le roi catholique Jacques II, et devint roi d’Angleterre. Son épouse, Marie, fille de Jacques II, devint reine d’Angleterre. Selon Goetzmann (2016), en 1695, les sociétés anonymes représentaient 1,3 % de la richesse nationale britannique, mais ce chiffre est passé à 13 % en 1720 pendant la bulle de la mer du Sud.

La South Sea Company, compagnie des mers du sud, fondée en 1711, était une société anonyme britannique créée à deux fins quelque peu orthogonales. Tout d’abord, comme son nom l’indique, elle avait le monopole britannique du commerce avec l’Amérique du Sud, ce qui était potentiellement très lucratif. Deuxièmement, il s’agissait d’un tour de force de l’ingénierie financière visant à régler l’énorme dette nationale de la Grande-Bretagne. Les propriétaires de la dette britannique illiquide pouvaient échanger ces avoirs contre des actions de la South Sea Company, qui payait un dividende inférieur au coupon de la dette, mais les actions étaient liquides et représentaient une participation dans le commerce sud-américain. Pendant ce temps, le gouvernement britannique a consolidé une grande partie de sa dette en un prêt de la South Sea Corporation à un taux d’intérêt inférieur. Les représentants du gouvernement qui ont élaboré ce plan sont devenus administrateurs et actionnaires importants de l’entreprise. Bien que de nombreuses personnes intéressées par l’investissement ou l’histoire européenne aient entendu parler de la South Sea Company et de sa bulle boursière, peu de gens savent qu’une part importante du commerce sud-américain consistait à fournir des esclaves africains aux colonies espagnoles en Amérique du Sud. La South Sea Company possédait le droit contractuel (asiento) que l’Espagne accordait à la Grande-Bretagne pour cette traite négrière.

En 1719, la South Sea Company s’est engagée dans un autre échange d’actions contre de la dette britannique, ce qui serait plus favorable pour la société à des prix plus élevés (ils échangeraient donc moins d’actions contre la dette). L’entreprise a répandu de fausses rumeurs sur la valeur du commerce sud-américain, ce qui a entraîné une énorme hausse de son prix. Ce système s’est effondré en 1720, entraînant la ruine généralisée parmi les actionnaires, dont beaucoup achetaient des actions sur marge. Au fur et à mesure de cette tourmente, le Parlement adopta la loi Bubble de 1720, qui restreignait considérablement la création et le TRADING SUR des sociétés par actions. Elle exigeait, entre autres choses, une charte royale ou une loi du Parlement pour créer une société par actions.

Au même moment , vers 1715, John Law, un banquier ecossais, convainquit le régent de France, Philippe d’Orléans, qu’il pouvait éliminer la dette du gouvernement français grâce à un système de crédit basé sur le papier–monnaie. En 1716, il créa la Banque générale, qui avait l’autorité d’émettre les billets. L’année suivante, il fonda la Compagnie d’Occident, dont le capital provenait de la vente d’action de 500 livres, payables uniquement en billets émis par le gouvernement. A peu à ce temps, en 1719, La compagnie des indes et de chines furent réunies à la compagnie mississipi, et son cours se vit multiplié par deux. En ces temps là, la société pris le nom de la compagnie des indes. Nous continuerons de l’appeler compagnie mississippi pour éviter la confusion avec les autres compagnies néerlandaises et britanniques.

La société, voyant son crédit bien établi, proposa de prêter 50 millions de livres à sa majesté, puis 1200 millions, financés par l’émission d’actions payées soit en billet de banque soit en billet d’Etat. Le succès du projet était tel que les français prenait au gout à ces actions qui leur apportaient tant de richesse.

Le prix des actions a été multiplié par plus de dix entre 1719 et 1720. La bulle du Mississippi a éclaté au printemps 1720, lorsque John Law eut la mauvaise idée d’introduire des primes, qui sont en réalité des produits dérivés offrant des options d’achat d’actions à un prix déterminé d’avance. Vu que la cession d’une action leur permettait d’acheter 10 primes, les spéculateurs se mirent à vendre leurs actions pour souscrire à des primes qui leurs offraient un levier financier. Le système s’est complétement emballé lorsque les actions sont échangeables contre du papier monnaie à un taux fixe, ce qui entraîne un engagement massif du gouvernement à soutenir le prix des actions en imprimant de la monnaie.

Cette année 1720 a été l’année de tous les krach, à commencer par la compagnie mississipi, que l’on peut considérer comme le premier krach boursier de l’histoire des actions. la south sea company, la companie neerlandaise des indes orientales, la royal exchange insurance et la london insurance ont toutes connue un krach boursier fulgurant, qui, avec la loi bubble,  mis un terme à la frenesie sur le actions.

Cette situation n’a pas changé avant le milieu des années 1800.

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