Traditionnel Vs comportemental

En Finance traditionnelle, les gens sont modélisés comme des agents « rationnels » alors qu’en finance comportementale, les gens sont modélisés comme « normaux ».

La finance traditionnelle est basée sur l’économie néoclassique: Aversion au risque, maximisation de l’utilité, intérêt propre.

C’est le corps du savoir qui s’appuie sur les principes de l’arbitrage de Modigliani&Miller, des principes de gestion de portefeuille de Markowitz, du CAPM (MEDAF) de Sharpe, lintner & Black, et de la théorie de pricing des options de Black&Scholes.

Elle conçoit le comportement de l’individu sous 4 axes :

  1. Exhaustivité: J’ai des préférences bien définies et peux décider entre deux choix A ou B (<, > ou =)
  2. Transitivité: Etant donné mon exhaustivité, je peux systématiquement faire un choix si A>B et B>C, alors A>C.
  3. Indépendance: Et si A>B, alors (A + xC)>(B + xC)
  4. Continuité: Et peut importe les combinaisons possibles entre A, B et C, je peux continuer à prendre des décisions.

La Finance comportementale est basée sur la psychologie: L’observation plutôt que la modélisation idéalisée du comportement financier.

Elle ajoute une nouvelle couche d’analyse dans le processus de prise de décision.

Selon la perspective du REM (Rational economic man), l’homme est capable de penser à toutes les issues probables pour prendre une décision rationnelle. Le REM est bayesien, il met à jour ces croyances en fonction des nouvelles informations qu’il reçoit. Mais en réalité, d’autres facteurs que la rationalité entrent en ligne de compte dans la prise de décision. La peur, l’amour, la haine, le plaisir, la souffrance.

Le REM ne pense qu’à son intérêt propre, avec comme but de le maximiser. Mais en réalité, les gens sont philanthropes, adoptent une religion, aident les autres, font du volontariat, ou intègrent l’armée.

En comprenant le comportement des investisseurs et des marchés, nous améliorons le bilan économique de nos actions.

Les trois couches d’analyse en Finance:
  1. Analyse normative: Cherche la solution rationnelle à un problème.
  2. L’analyse descriptive: Décrit la manière dont les agents économiques prennent leurs décisions.
  3. Analyse prescriptive: Cherche des moyens pratiques et des outils pour arriver au résultat le plus proche de celui présenté par l’analyse normative.
La remise en question de la rationalité:

Selon les principes de la finance comportementale, l’homme ne peut pas être au courant de tout. Il ne détient pas l’information complète et parfaite, et ne peut donc pas maximiser son utilité.

La FC propose une alternative à la rationalité parfaite et qui est la rationalité limitée. Les gens ont des limites intellectuelles, informationnelles, et de calcul.

Elle considère qu’à défaut d’avoir toujours une décision optimale, on cherche une solution adéquate, acceptable.

Elle introduit le concept de sati-suffisance: Satisfaisant et suffisant.

Théorie des perspectives:

L’individu prend ses décisions en deux phases:

1- Le cadrage: un choix entre deux options peut être influencé par la manière dont ces options sont présentées.

6 étapes au cadrage: La codification, la combinaison, la ségrégation, l’annulation, la simplification, la détection des dominants

2- L’évaluation: les individus ne sont toujours averses au risque. Ils sont notamment attirés par la perspectives des gains très larges (lotterie), sur-réagissent aux faibles probabilités et sous-réagissent aux probabilités moyennes et élevées. Et la prise de décision est déterminée en fonction de l’attitude vis à vis du risque.

Notre aversion au risque est souvent concave pour les gains et convexe pour les pertes: Nous réagissons plus fortement pour des pertes que pour des gains équivalents

2 Types de finance comportementale:

Micro: Comportement des individus, qu’ils soient investisseurs, analystes, dirigeants d’entreprises.

Macro: Comportement du marché et anomalies de marché non expliqués par la finance traditionnelle.

Quelles considérations sur le marché financier et la construction de portefeuille?

Selon la finance traditionnelle, les prix intègrent toute l’information pertinente.

Le concept du marché efficient EMH (Efficient Market Hypothesis)

La forme faible du EMH: Toute l’information passée est reflétée dans le prix. Les prix suivent une marche aléatoire.

La forme semi-forte du EMH: L’information passée et présente sont reflétées dans le prix. Il est impossible de générer de l’alpha.

La forme forte du EMH: L’information passée, présente et attendue sont reflétées dans le prix. Il est impossible de générer de l’alpha.

La finance comportementale affirme qu’il y a des anomalies de marché qui remettent en cause l’efficience des marchés:

  • Des anomalies Fondamentales: Large Vs Small; Value Vs Growth
  • Des anomalies techniques: Supports/résistances, moyennes mobiles
  • Des anomalies Calendaires: Rallye de fin d’année, Effet Janvier, Effet fin de mois etc.